Le projet du parc éolien du Mont-Sujet est-il soutenu par les populations locales?
Le soutien local est loin d’être unanime. Plus le temps avance, plus nombreuses sont les voix critiques, témoignant de fortes préoccupations liées au paysage, à la biodiversité et à la qualité de vie. L’existence même d’une mobilisation structurée montre que la population est divisée.
Le parc éolien du Mont-Sujet est-il soutenu par les autorités cantonales?
Le projet s’inscrit dans la planification énergétique cantonale, qui identifie certains sites potentiels. Cela ne signifie toutefois pas un soutien inconditionnel : chaque projet doit encore démontrer sa compatibilité environnementale, paysagère et territoriale. Notre association luttera jusqu’au bout pour montrer le caractère néfaste du projet.
Quels sont les acteurs du projet?
Le projet réunit le promoteur Groupe E Greenwatt, les autorités communales et cantonales ainsi que divers bureaux d’étude. En face, des citoyens, associations locales et défenseurs du paysage demandent l’abandon du projet.
La Suisse est-elle réellement un pays de vent?
La Suisse ne bénéficie pas des conditions éoliennes favorables pour l’éolien. Son relief accidenté rend la production souvent irrégulière, ce qui interroge la pertinence d’investissements lourds dans certains sites.
Les associations de protection de l’environnement ont-elles été entendues?
Les promoteurs refusent de considérer notre association comme un partenaire. Ils ont d’ailleurs signé des conventions secrètes avec la commune pour faire la promotion des éoliennes. Commission fédérale pour la protection de la nature et du paysage CFNP ainsi que le service cantonal responsable de l’aménagement du territoire sont tous deux clairement opposés au projet. Leurs voix sont étouffées par les promoteurs, la commune et le canton.
Est-il vrai que les éoliennes contribuent à sauver le climat?
Les éoliennes produisent une électricité peu carbonée, mais non pilotable. Le réseau a donc besoin de sources d’appoint pour le réglage. Comme le montre le cas allemand, c’est le gaz ou le charbon qui sera d’appoint. L’éolien n’est donc pas une bonne solution pour protéger le climat.
Les éoliennes produisent-elles réellement deux tiers en hiver?
Cette affirmation volontiers répétée ad nauseam par le lobby et les promoteurs éoliens est fausse. En moyenne, un maximum de 60% est produit en hiver. Selon les hivers, ce taux descend à 55%, voire moins. Dans tous les cas, le caractère imprévisible et intermittent de l’éolien fait que, même en hiver – surtout en hiver ! – l’éolien n’offre aucune garantie d’approvisionnement.
Les éoliennes améliorent la biodiversité : vraiment?
Il n’existe pas de bénéfice écologique lié aux éoliennes. Au contraire, leur implantation en milieu naturel peut fragmente les habitats et perturbe de nombreuses espèces sensibles.
Les éoliennes tuent-elles les oiseaux?
Les collisions avec les oiseaux et chauves-souris sont documentées, particulièrement sur les axes migratoires ou dans les zones fréquentées par des espèces sensibles. Les dispositifs d’arrêt des éoliennes sont inefficaces, d’autant plus que la perte de production qu’ils engendrent fait douter qu’ils soient réellement utilisés.
Le bruit des éoliennes représente-t-il un risque pour la santé et la qualité de vie?
Le bruit affecte le confort de vie, surtout dans des environnements habituellement calmes. Les nuisances dépendent de la distance, de la topographie et des conditions météorologiques.
«Pas plus bruyantes qu’un lave-vaisselle», vraiment?
Cette comparaison est trompeuse : un lave-vaisselle fonctionne à l’intérieur, ponctuellement, alors qu’une éolienne génère un bruit extérieur continu, perceptible parfois à grande distance. Avez-vous par ailleurs de vivre avec le bruit de votre lave-vaisselle dans les oreilles ?
Les éoliennes portent-elles atteinte au paysage?
Leur hauteur et leur visibilité modifient profondément le paysage. Sur une crête emblématique comme le Mont-Sujet, leur impact visuel serait particulièrement marqué. Pour rappel, le Mont Sujet se trouve dans un parc naturel régional et à quelques encablures d’un site protégé à l’inventaire fédéral des paysages.
Pourquoi installer des éoliennes de 200 mètres?
Plus les mâts sont hauts, plus ils captent des vents réguliers. Mais cette optimisation énergétique accroît aussi fortement l’impact paysager. Au Mont Sujet, ce type d’éoliennes est incompatible avec l’aménagement du territoire… mais… les autorités cantonales et les tribunaux ne veulent pas l’entendre.
Les éoliennes sont-elles dangereuses en hiver pour les promeneurs?
Le risque de projection de glace existe par conditions hivernales. Des périmètres de sécurité sont alors nécessaires, limitant l’accès à certains secteurs.
Est-il vrai que les éoliennes seront démantelées après 20 ans?
Le démantèlement est prévu contractuellement, mais sa réalisation dépendra des garanties financières effectives et des choix futurs d’exploitation ou de renouvellement. Il y a tout lieux de penser qu’une fois en place, un parc éolien l’est pour des décennies. Pour preuve le parc du Mont Crosin, dont la construction remonte à 1996, et qui ne cesse de s’étendre.
Le nucléaire, l’hydraulique et le solaire ne suffisent-ils pas largement?
La Suisse dispose déjà d’un mix électrique totalement décarboné. L’éolien n’apporte rien. Au contraire, il impose la présence de sources d’énergies pilotables (gaz, charbon).
Que se passe-t-il quand il n’y a pas de vent?
La production cesse et doit être compensée par d’autres sources ou par les importations. Cela souligne leur caractère intermittent.
Quelle part de l’électricité consommée dans la région le parc pourra-t-il produire?
Les chiffres avancés sont généralement théoriques. La production alimentera le réseau électrique haute tension et sera donc acheminée dans les grands centres de consommation du plateau suisse, de Zürich à Genève.
Que se passera-t-il si des impacts imprévus apparaissent après la mise en service?
Ce sera trop tard…
Quels sont les bénéfices concrets pour la région?
Les autorités n’ont effectué aucune analyse des bénéfices et des retombées négatives du parc éolien. Or, les quelques rentrées financières seront plus que largement compensées par la perte d’attractivité, les pertes fiscales, le perte de valeur immobilière et la baisse de l’attrait touristique.
Qui finance le parc éolien et qui en assume les risques financiers?
Le financement repose sur les promoteurs, donc nous tous par nos factures d’électricité. En cas de faible rentabilité, les coûts peuvent seront répercutés collectivement.
Les éoliennes ne coûtent-elles pas des millions aux consommateurs?
Leur développement mobilise des investissements importants, soutenus par des subventions fédérales colossales. Au final, le promoteur se fait « offrir » un parc éolien payé à 60% par la Confédération (donc nous), alors qu’il empoche le 100% des bénéfices.